
Les autorités sanitaires européennes considèrent depuis plusieurs années le bruit environnemental comme l’une des principales menaces pour la santé publique sur le continent, juste derrière la pollution atmosphérique, un classement qui surprend souvent parce que le bruit ne laisse aucune trace visible contrairement à d’autres formes de pollution plus facilement identifiables. Les chiffres rassemblés par les agences européennes de l’environnement estiment qu’au moins cent millions de personnes en Europe sont exposées à des niveaux de bruit jugés nocifs pour la santé, avec des conséquences qui se comptent en dizaines de milliers de cas de maladies cardiovasculaires supplémentaires chaque année et plusieurs milliers de décès prématurés directement attribuables à une exposition chronique au bruit routier.
Ce que ces données révèlent surtout, c’est que le corps humain ne s’habitue jamais complètement au bruit contrairement à ce que l’on pourrait croire en observant des habitants de grandes villes qui semblent indifférents au vacarme ambiant, puisque le système nerveux continue de réagir au niveau physiologique même lorsque la conscience a cessé de prêter attention aux sons environnants, maintenant ainsi un état de vigilance chronique qui épuise l’organisme sur le long terme sans que la personne concernée en ait pleinement conscience. Les troubles du sommeil représentent d’ailleurs la conséquence la plus documentée de cette exposition prolongée, touchant plusieurs millions de personnes en Europe selon les mêmes évaluations, bien avant les effets cardiovasculaires pourtant plus spectaculaires.
Considérer le bruit comme un véritable poison environnemental plutôt que comme une simple nuisance de confort change la manière dont on devrait envisager sa propre exposition quotidienne, en traitant le choix d’un lieu de vie, d’un trajet ou même d’un casque de qualité avec le même sérieux qu’on accorderait à la qualité de l’air qu’on respire.